
Elle prend de la place. On s'en sert deux fois par an. Et l'enjamber devient franchement pénible avec le temps. La baignoire est souvent la première victime d'une rénovation de salle de bain, et il y a de bonnes raisons à ça. Avec un receveur de douche extra plat aux bonnes dimensions, la transformation se fait vite, sans démolir toute la pièce. Je vous explique comment ça se passe, de la dépose jusqu'à la paroi.
Pourquoi on finit presque tous par sauter le pas
Le premier argument est pratique. Vous avez déjà essayé de faire passer quatre personnes dans une salle de bain entre 7 h et 7 h 30, avec une baignoire qui met dix minutes à se vider ? Une douche va plus vite. Point.
Le deuxième, c'est l'eau. Un bain tourne autour de 150 à 200 litres, une douche de quelques minutes plutôt entre 50 et 80. Sur un an, la facture le montre, et celle du chauffe-eau aussi.
Le troisième, on y pense moins quand on a trente ans : la sécurité. Passer la jambe au-dessus d'un rebord de 50 cm sur un sol mouillé, c'est le geste qui provoque le plus de chutes dans une salle de bain. Une douche basse supprime ce risque. Et puis il y a l'aspect visuel, évidemment. Une grande douche vitrée ouvre la pièce et lui enlève dix ans d'un coup.
Avant de démonter : faut-il garder une baignoire quelque part ?
C'est la question que je pose toujours en premier. S'il n'y a qu'une salle de bain et que vous avez des enfants en bas âge, réfléchissez-y à deux fois, le bain du soir reste bien pratique. Certains agents immobiliers estiment aussi qu'une maison familiale sans aucune baignoire peut refroidir une partie des acheteurs.
À l'inverse, pour un couple, une personne seule ou un logement qui a déjà une seconde salle d'eau, la question ne se pose presque plus. Raisonnez à l'échelle du logement, pas seulement de la pièce.
Étape 1 : mesurer la niche
Une baignoire standard fait en général 170x70 ou 170x75 cm, parfois 180x80 sur les modèles plus récents. Le plus simple est de choisir un receveur qui reprend exactement cette empreinte. Il se loge alors dans la niche existante, et on évite de toucher aux murs voisins. Les formats 170x80, 160x90 et 180x80 sont les plus utilisés pour ce genre de chantier.

Mesurez en bas, au milieu, en haut. Les murs ne sont presque jamais parallèles, et c'est toujours la plus petite cote qui compte. Si rien ne colle aux formats du commerce, vous avez deux options : prendre un receveur un peu plus court et combler avec une petite banquette carrelée, ou opter pour un modèle recoupable, ajusté sur place.
Étape 2 : sortir la baignoire
On coupe l'eau, on vide tout, puis on démonte la robinetterie et le tablier. Ce dernier est souvent clipsé, parfois collé, et c'est là que les surprises commencent. Derrière, il reste à couper le vieux joint silicone et à déconnecter le vidage.
Un mot sur le poids. Une baignoire en acrylique se sort à deux sans problème. Une baignoire en fonte, c'est une autre histoire : plus de 100 kg, et souvent pas d'autre choix que de la casser sur place. Lunettes, gants, sol protégé. Et prévoyez où vont partir les gravats, c'est le poste que tout le monde oublie dans le budget.
Étape 3 : le sol et l'évacuation
Sous une baignoire, le sol est rarement joli. Chape brute, traces des anciens pieds, parfois un peu d'humidité. C'est le moment de vérifier qu'il est bien plan. Un receveur doit reposer sur toute sa surface, sinon il travaille, et les joints finissent par lâcher.
Le vrai sujet technique, c'est l'évacuation. Le vidage d'une baignoire est en général à une extrémité, alors que la bonde d'un receveur peut être centrée ou sur le côté. Soit vous choisissez un modèle dont la bonde tombe au bon endroit, soit vous rallongez le tuyau. Dans ce cas, gardez une pente d'au moins 1 à 2 cm par mètre. Si la hauteur manque pour cette pente, on peut surélever légèrement le receveur sur des pieds réglables et l'habiller ensuite.
Étape 4 : poser le receveur
Pour un receveur en résine extra plat, deux méthodes dominent : un lit de mortier, ou une colle mastic polyuréthane appliquée en cordons sur toute la surface. Laquelle choisir ? Si le sol est déjà très plan, la colle va plus vite et salit moins, alors que le mortier rattrape mieux les petits défauts d'un vieux support qui a vécu sous une baignoire pendant trente ans. La bonde se monte avant, on positionne le bac, on contrôle le niveau dans les deux sens. Et on n'y touche plus. Vingt-quatre heures, en général, avant la première mise en eau.
Le geste final est celui qui protège tout le reste : le joint silicone sanitaire tout autour. Sur un support propre et sec, et de préférence après avoir traité les angles avec une bande ou une résine d'étanchéité. Je ne le dirai jamais assez, c'est là que se jouent les fuites des années suivantes.
Étape 5 : les murs et la paroi
Là où passait le rebord de la baignoire, il reste souvent une bande de mur nue ou un vieux carrelage cassé. Pas besoin de refaire toute la faïence pour autant. Des panneaux muraux étanches font très bien l'affaire, tout comme un carrelage neuf limité à la zone de douche.

Côté paroi, sur un receveur de 170 cm, une paroi fixe de 90 à 120 cm suffit souvent pour une douche ouverte agréable. Si le passage est étroit, une porte coulissante sur toute la longueur est plus adaptée. Beaucoup en profitent aussi pour passer à une colonne thermostatique. Honnêtement, une fois qu'on y a goûté, on ne revient pas en arrière.
Combien de temps, et pour quel budget ?
Pour un remplacement simple, sans déplacer l'évacuation ni refaire toute la pièce, un professionnel s'en sort généralement en deux à quatre jours, séchage compris. Le budget dépend surtout de trois postes : le receveur et la paroi, la reprise des murs, la main d'œuvre. Les écarts entre régions sont énormes. Demandez plusieurs devis, et exigez qu'ils soient détaillés poste par poste, sinon impossible de comparer.
Si les travaux concernent une personne âgée ou en situation de handicap, renseignez-vous sur MaPrimeAdapt' et sur le crédit d'impôt pour l'adaptation du logement. Attention, ces aides demandent souvent que le dossier soit déposé avant le début des travaux, et que ce soit une entreprise qualifiée qui intervienne.
Quel receveur choisir pour ce chantier ?
Trois critères comptent vraiment ici. La dimension, qui doit coller à la niche. L'épaisseur, parce qu'un modèle d'environ 3 cm réduit la marche à presque rien. Et une surface antidérapante, parce que remplacer une baignoire pour plus de sécurité et poser ensuite un bac glissant, ce serait dommage.

Les receveurs en résine minérale cochent généralement les trois cases et se trouvent dans beaucoup de longueurs. Pour vous faire une idée concrète, jetez un œil à un receveur de douche aux dimensions d'une baignoire, en 160, 170 ou 180 cm. Ceux-là sont livrés avec leur bonde, ce qui évite de courir après une pièce compatible au dernier moment.
Pour finir
Ce chantier fait peur sur le papier. En pratique, quand il est bien préparé, il se règle en quelques jours. Tout tient en trois décisions : un receveur qui épouse la niche, une évacuation raccordée avec la bonne pente, et une étanchéité faite sans précipitation. Le reste, c'est du confort en plus. Et le premier matin sous la nouvelle douche, on se demande généralement pourquoi on a attendu si longtemps.



